HARO SUR LES RETRAITES !

Publié le 09/12/2010 à 00H00
Pierre CERVETTI, responsable de l'union territoriale des retraites CFDT de Corse, nous livre ses réflexions et son inquiétude quant à la prise en charge de la perte d'autonomie par les pouvoirs publics
HARO SUR LES RETRAITES !
HARO SUR LES RETRAITES !
Pierre CERVETTI, responsable de l'union territoriale des retraites CFDT de Corse, nous livre ses réflexions et son inquiétude quant à la prise en charge de la perte d'autonomie par les pouvoirs publics

                  Pour nous, retraités, la retraite n'est pas une mort sociale mais un nouveau départ. Pour le Président de la République, son gouvernement, le MEDEF, les retraités sont un 'problème'.

En Corse, nous représentons un quart de la population et un tiers de l'électorat; comme sur le continent, les retraités participent activement à la vie économique, sociale, culturelle du pays . A titre d'exemple, 51% des bénévoles sdont des retraités ou pré-retraités.

En Corse, 15.000 retraités perçoivent moins de 650 € par mois et le taux de pauvreté des 65 ans et plus est le plus élevé de France : 15,6%  pour une moyenne nationale de 7,8%. Les basses pensions, les situations de précarité des veuves, des femmes retraitées, la mauvaise organisation des services publics, surtout en milieu rural, et particulièrement, en matière de soins, ajoutées au coût prohibitif de la santé et des hébergements en maisons de retraites produisent des situations inacceptables, insupportables.

Et, maintenant, est remise en cause la  prise en compte de la perte d'autonomie !

TROP c'est TROP ! AVA BASTA!

Rappelons que la création de l'APA fut, il y a 9 ans, un compromis entre les tenants de la gestion locale (conseils généraux) et de la prestation nationale (barèmes uniformisés). Le nombre de bénéficiaires  augmentant chaque année, les difficultés de financement s'amplifient d'autant. En Corse du sud, on compte aujourd'hui 4300 bénéficiaires à domicile et 650, en établissements. Le montant moyen versé à chaque  allocataire est d'environ 420€/mois à domicile, 410 €/en établissement. Au total, en Corse du sud, le coût global de l'APA est aujourd'hui de 23,5 M€,  la participation de l'Etat s'élevant à 6 M€.

VA-T-ON vers l'abandon de l'APA? Si l'on suit les propositions d'une mission parlementaire (juin 2010), on va à terme vers la suppression de l'APA en lui substituant progressivement un système spécifique de la perte d'autonomie. En clair, on nous prépare la mise en place d'un système patrimonial qui décidera du montant de la prestation, l'abandon de l'APA et le recours à une assurance privée obligatoire, un coût croissant supporté par les familles, une détérioration de la qualité de l'accueil pour diminuer les coûts d'hébergement.

Nous interpellons l'Etat parce que;

- C'est lui qui fixe les règles de tarification pour les établissements d'hébergement et les services d'aide à domicile.

- C'est lui qui  est garant de l'égalité de traitement de tous les citoyens ainsi que de l'égalité territoriale.

Nous disons à nos représentants et aux décideurs : nous ne laisserons pas faire ! L'APA doit rester publique . elle doit rester basée sur un système public, collectif et solidaire. Nous nous opposerons à son transfert progressif vers des contrats d'assurances privées, ou institutions de prévoyance et mutuelles. Une solution pérenne et solidaire assise sur l'ensemble des revenus doit permettre son financement conforté par une réelle imposition lors des transmissions de patrimoine.

Aussi, nous appelons tous les retraités à se mobiliser pour s'opposer aux tentations gouvernementales d'attribuer l'APA avec un recours sur succession, cette voie consistant à faire payer les personnes dépendantes à l'image des franchises médicales qui pénalisent les malades. Pour conclure, la perte d'autonomie doit être gérée dans le cadre de la sécurité sociale (5ème risque).

                                                Pierre CERVETTI